La folie se soigne par la sécurisation des lieux. Est ce vraiment la solution?

Je vous avais parlé il y a peu de temps des moyens mis en place ces récents moi pour protéger les sites accueillant les malades en psychiatrie.

Je confirme mes propos par cette nouvelle réponse ministérielle :

2,6 millions d’euros sur deux établissement pour la sécurisation des lieux contre 370 mille euros pour les soins…..

http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-59935QE.htm

13ème législature
Question N° : 59935 de M. Raymond Durand ( Nouveau Centre – Rhône ) Question écrite
Ministère interrogé > Santé et sports Ministère attributaire > Santé et sports
Rubrique > établissements de santé Tête d’analyse > établissements psychiatriques Analyse > moyens
Question publiée au JO le : 06/10/2009 page : 9382
Réponse publiée au JO le : 27/07/2010 page : 8360

Texte de la question

M. Raymond Durand attire l’attention de Mme la ministre de la santé et des sports sur la situation préoccupante des hôpitaux psychiatriques, notamment dans le département du Rhône. En effet, des associations s’inquiètent d’un manque de moyens humains et financiers qui aurait pour conséquence un accueil peu décent des patients souffrant de troubles psychiques. C’est également toute la communauté soignante qui, de ce fait, rencontre des difficultés à exercer correctement sa mission. Il souhaiterait savoir quelles sont les mesures envisagées pour ce type particulier d’hospitalisation, pour permettre une meilleure prise en charge des patients aux troubles divers, tant par leur nature que par leur degré.

Texte de la réponse

Le plan « psychiatrie et santé mentale 2005-2008 » a, tout d’abord, permis de donner une impulsion significative au renforcement des activités de psychiatrie sur le plan national et dans le département du Rhône. Grâce aux crédits délégués par le plan, le budget des activités de psychiatrie a bénéficié, au cours des cinq dernières années, d’une progression significative (+ 1,82 % entre 2004 et 2005, + 2,93 % entre 2005 et 2006, + 2,19 entre 2006 et 2007 et + 2,28 % entre 2007 et 2008). Grâce à ce soutien financier, le nombre de personnels exerçant en psychiatrie a été renforcé sur le plan national, passant de 105 749 ETP en 2005 à 107 815 en 2007. Les établissements de psychiatrie du département du Rhône ont connu, au cours de la période 2005-2008, une même évolution favorable, bénéficiant d’une allocation complémentaire d’1,26 MEUR et engageant la création d’1,8 équivalent temps plein (ETP) de médecin et de 13,6 ETP de personnels non médicaux. Un effort considérable d’adaptation à l’emploi des infirmiers a ensuite été conduit, appuyé sur plus de 100 MEUR de subventions du fonds de modernisation des établissements de santé (plus de 11 MEUR pour la région Rhône-Alpes) et organisant des formations de consolidation des savoirs infirmiers au bénéfice de près de 12 000 personnes. Un programme de relance de l’investissement en psychiatrie, appuyé sur un financement national de 750 MEUR, est en outre mené depuis 2006 et se poursuivra en 2010. Il permettra de soutenir, dans le département du Rhône, la réalisation de deux importantes opérations, l’une au centre hospitalier du Vinatier, l’autre aux hôpitaux civils de Lyon, qui bénéficieront d’une aide nationale de 2,6 MEUR. Enfin, un programme important de sécurisation des établissements a ensuite été déployé en 2006 puis en 2009, permettant de doter les établissements exerçant en psychiatrie de dispositifs de sécurisation et de surveillance, pour lequel la région Rhône-Alpes a reçu 3,6 MEUR. Parallèlement, pour mieux prendre en compte la diversité des malades accueillis en psychiatrie, l’offre de psychiatrie tend de plus en plus à se spécialiser, offrant des conditions de prise en charge plus adaptées à des populations ou pathologies particulières. Deux équipes mobiles spécialisées en psychiatrie ont ainsi été mises en place dans le département du Rhône afin de mieux accompagner les personnes en situation de précarité vers les soins psychiatriques, l’une auprès du centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu, qui intervient dans l’agglomération lyonnaise, l’autre auprès du centre psychothérapique du Vion, qui intervient dans les agglomérations de Bourgoin-Jallieu, de l’Isle-d’Abeau et de la Verpillère, mobilisant au total un financement de 370 000 EUR. Par ailleurs, les établissements du Rhône peuvent faire appel aux centres de ressources constitués au niveau de la région Rhône-Alpes afin d’améliorer la prise en charge des auteurs de violences sexuelles et des personnes souffrant de troubles envahissants du développement. En 2009, l’agence régionale de l’hospitalisation a poursuivi cette action, en soutenant plusieurs projets de réorganisation et de renforcement des capacités de prise en charge des quatre établissements de santé intervenant en psychiatrie au sein du département du Rhône. Sur la base d’un financement d’1 MEUR, a tout d’abord été créée une unité de prise en charge des jeunes de neuf à treize ans faisant intervenir les hôpitaux civils de Lyon et les centres hospitaliers du Vinatier, de Saint-Jean-de-Dieu et de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. Cette unité proposera à la fois des prises en charge en hospitalisation complète, l’intervention d’une équipe mobile et des possibilités d’accueil familial thérapeutique. Une unité accueillant les patients cérébrolésés présentant des troubles psychiatriques graves a par ailleurs été constituée au centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu, avec l’appui d’un financement d’1,3 MEUR.

Un essai de réponse au rappor…

Un essai de réponse au rapport sur la santé mentale demandé par Saisine de la Secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet en charge de la prospective et du développement de économie numérique portant sur l’installation d’un groupe de travail « santé mentale » au Centre d’analyse stratégique.

Il fait suite pour la secrétaire d’Etat au rapport de la Commission sur la Mesure de la Performance Économique et du Progrès Social (lire l’article de wikipédia).

Si le rapport a le mérite d’avoir été réclamé afin qu’un débat s’instaure, j’avoue être resté sur ma fin.

A ce propos, je n’en vois guère de retombées à ce jour, que ce soit médiatiques, syndicales ou associatives.

C’est comme si aujourd’hui, on ne savait pas trop quoi faire des conclusions, admettant que le travail est intéressant, mais que les mesures à prendre restent du domaine de l’inconnu.

Les 350 pages de ce rapport donnent quelques indications, mais peu de solutions.

Et renvoient à la société civile le soin de se prendre en charge et de prendre en charge les populations fragilisées.

Si l’on reconnait aux pouvoirs publics une nécessaire action, il semble que ce sera aux acteurs actuels et habituels de mettre en oeuvre des solutions souvent empiriques, car aucun recul n’est actuellement possible sur ces personnes qui souffrent dans leur chair, dans leur âme, d’un déficit de bien être, d’une acceptation de leur place dans une société de plus en plus menaçante et fragilisante.

La volonté est sans équivoque de reconnaitre la question, d’admettre des difficultés de mal être pour certaines catégories de populations, mais dans le même temps la volonté est claire de miser, en préparant l’opinion aux nouveaux problèmes que seront dans les années à venir de grands défis de société, sur une prise en charge citoyenne de ces questions, afin d’éviter le recours à des financements publics pour les traiter.

C’est d’ailleurs le titre même du rapport « la santé mentale, l’affaire de tous; une approche cohérente de la qualité de vie ».

Pourtant, le stress est devenu un phénomène de société. la maltraitance reconnue et sanctionnée. La dépression en augmentation, le mal être, le mal vivre des notions réelles aujourd’hui. Les consultations sur ces sujets en constante augmentation, la médecine du travail en première ligne.

Il s’agit bien d’un phénomène qui ne contraint pas  une catégorie mais concerne l’ensemble de la population, qui devient aujourd’hui, à la différence peut être d’il y a une trentaine d’années ou il existait sans pour autant être clamé (encore que le mouvement hippie, mai 1968 en ait été des proclamations) une constante de toutes les strates.

Ou l’on apprend aujourd’hui que ce phénomène touche les personnes âgées, les enfants, les adolescents, les ouvriers ou les cadres, les employés ou les femmes au foyer, les célibataires comme les couples.

Saisine de la Secrétaire d’Etat en charge de la prospective et du développement de l’économie
numérique portant sur l’installation d’un groupe de travail « santé mentale » au Centre
d’analyse stratégique.