Le courage de continuer à vivre d’après Roberto Saviano et Courrier International

C’est ce qu’aurait réalisé Salman RUSHDIE, d’après Roberto SAVIANO (journaliste sous protection policière, ayant publié un livre sur la mafia napolitaine qui lui vaut d’être entouré de gardes du corps).

C’est ce qu’il aurait en force et en courage malgré la fatwa dirigée contre lui, et qui trente années plus tard, pourrait bien être exécutée car les coups de couteaux paraissent avoir atteint leur cible.

Effectivement, il a eu force et courage de refuser à un moment de vivre normalement, sans escorte ni protection, vivre, vivre et aimer, vivre et jouer, vivre et penser, vivre et se donner des choix.

S’il avait conservé une protection, il ne vivait plus. C’est certain.

Mais Salman aurait gagné par ses années de vie qu’il n’aurait pas eu sans escorte, d’après Saviano ?

Je ne suis pas d’accord.

Il a gagné quoi? Un sursis, un simple sursis, et il s’en doutait certainement. Et Saviano aussi. Le jour ou la mafia décidera, sa vie sera courte.

Je ne dis pas qu’il n’a pas eu raison ou que Saviano a raison.

Chacun vit et mène sa vie comme il l’entend.

Mais il n’a rien gagné. Ni personnellement, ni publiquement.

Il n’a rien gagné contre le fanatisme, l’obscurantisme, la peur, et les démons d’une humanité qui se terre, et ne veut pas voir son devenir de désespoir et de guerres.

La lutte pour la vie, la lutte pour une conscience de l’humanité, la lutte pour un ordre moral, la lutte pour une vie en communauté, mondiale, humaine, est derrière nous.

Quel que soit le lieu, l’endroit. L’humanité s’enfonce dans les années noires.

Mon discours est sombre, car je le vois ainsi. La France est quasiment le seul pays encore démocratique ( pour très peu de temps sans doute ) car les forces du mal (oui c’est grandiloquent mais je résume les hérétiques, bigots, incroyants, mafieux, scientologues, intégristes, mais surtout – ne vous y trompez pas – bandits et tous ceux qui veulent s’accaparer le monde au nom d’un seul dieu, ou de deux, argent et pouvoir) envahissent le monde.

Une économie gangrenée par la drogue, la prostitution , le jeu ; une société ou l’argent est le seul leitmotiv ; une nature détruite et aucun semblant de commencement de préservation mondial ; une éducation par un nivellement par le bas ; des jeunes et aujourd’hui des moins jeunes sans perspectives ; des guerres ou guérillas un peu partout ; des marchands d’armes, dont la France, touts puissants (même si la France croit jouer dans la cour des grands, elle se trompe cependant , ses généraux viennent de le confirmer).

Et par dessus tout, l’ignorance, le doute, et la remise en question de tout, sous couvert de réseaux sociaux envahissants et d’un anonymat de façade.

Oui, Salman RUSHDIE a eu raison de vivre.

C’est la force de l’humanité. Vouloir vivre. Malgré la mort. Qui fait joindre les sommets, contempler les abysses, retenir sa respiration et communier avec Dieu (ou du moins la merveille de la création).

Mais il n’y a rien gagné, même si il vécu quelques années de plus.

Il a perdu, et c’était écrit d’avance. Il n’était pas prévu dans son karma une mort naturelle, c’était écrit.

En corollaire, la lecture tout d’un coup en réaction de sa publication phare qui lui valut cette fatwa n’est même pas un signe de révolte, juste une curiosité.

Et c’est ça, en fait, qui me rend pessimiste.

Au même titre que la faim dans le monde que les années 60 devaient éradiquer, la lèpre qui devait disparaitre, les femmes qui devaient devenir les égales des hommes et ne plus se faire violer et accéder à la culture, les enfants qui ne devaient plus disparaitre, les guerres qui devaient être la dernière, le nucléaire qui devait apporter l’énergie, la climatisation, et la paix, le épidémies qui devaient être jugulées, l’Otan qui devait nous protéger, et l’ONU pour un ordre mondial certain.

Tout ce à quoi je crois, veut croire, et qui est en train d’être détruit, corrompu par la gangrène des ambitions humaines, de la recherche individuelle du bonheur par la richesse et l’annexion des territoires et des hommes.

Mon seul espoir reste la jeunesse, une certaine forme de jeunesse. Mais il va falloir bouger, vite, très vite.

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