Archive for 24 mai 2014

Formation et universités. Le bon schéma ?

samedi 24 mai 2014 143

L’université française tend vers des perspectives inquiétantes.

C’est ce que souligne en questionnant le gouvernement la sénatrice Marie-Noëlle Liénemann :

http://www.senat.fr/questions/base/2014/qSEQ140210309.html

Le manque de moyens, les coupes sombres budgétaires mettent à mal nos grandes universités françaises, préparant le déclin de l’un des meilleur enseignement au monde.

Jules Ferry doit en pleurer, lui qui ne vit pas la fermeture des classes scolaires ces dernières années, au mépris de son combat pour l’éducation nationale.

(tiens, d’ailleurs quand on parle de lien social et de vie en communauté, est ce vraiment la bonne méthode que de fermer des classes et entasser des enfants tout en les obligeant à des transports scolaires éprouvants ?)

Demain, de grandes bâtisses universitaires chargées d’histoires verront se croiser de pâles fantômes des étudiants d’hier, en mal de professeurs et d’enseignements.

Nous détruisons (mais cela est vérifiable pour tous les équipements de la société civile, qui furent érigés lors des trente glorieuses) des infrastructures et des par la même les enseignements qui faisaient notre force et préparaient les lendemains et les années futures en diplômant fortement (avec de vrais diplômes n’étant pas de complaisance) des masses d’étudiants prêts à exercer leur talent dans une société qui leur rendait bien leurs années difficiles d’étude.

L’université française n’a jamais été un monument parfaitement rôdé, mais l sortait de ces amphis les élites françaises, prêtes à accompagner la société dans ses mutations.

Demain seuls les enfants des élites pourront se former convenablement, et sans doute pas dans nos universités déclinantes.

A contrario, la question pourrait aussi être de savoir si la dimension particulière de nos facultés est bien ancrée dans la bonne perspective, à l’heure du numérique, des Mooc, et si nous ne devons pas en définitive considérer que l’enseignement magistral ou les td collectifs sont maintenant un système d’éducation obsolète. ( http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2009/01/23/mit-cours-magistraux-nont-plus-cote )

La lenteur de l’éducation universitaire passant d’ailleurs difficilement auprès des entreprises soucieuses de former ses futurs cadres et employés à moindre coût, mais surtout des personnes parfaitement formées en pratique, ce qui est très loin d’être le cas actuellement, malgré certains progrès.

Quant au contenu de l’enseignement, la encore, peut être serait il bon de s’interroger sur la formation en cours magistraux, qui, si elle a permis certaines interventions doctorales superbes et particulièrement intéressantes (zu Collège de France par exemple : http://histoire-education.revues.org/1829?lang=en ) est loin de préparer à la société nouvelle en création qui sera celle que devront affronter les étudiants munis du fameux diplôme (sésame) pour le travail que l’on espère d’eux.

Pourtant, à l’heure du numérique et des objets interconnectés qui permettent à l’étudiant de savoir avant le professeur ce que celui va énoncer, ou d’approfondir en dehors de lui un partie de son discours librement et en toute indépendance (ou à jouer aux relations « amicales » sur Facebook en plein amphi), il serait sage de s’interroger sur une éducation nationale qui privilégie l’objet au contenu, (http://communicationsetinternet.wordpress.com/2014/02/26/cours-magistral-apprendre-a-disparaitre-et-a-ne-rien-faire-a-lere-de-la-technique/ ) contenu d’ailleurs de plus en plus soupçonné d’être particulièrement partial, et critiqué pour vouloir déformer la pensée, ou parasiter le discours.

Et par conséquent d’admettre ou pas de la nécessité urgente de donner les moyens à l’université, malgré son quasi immobilisme éducatif en conservant un cadre éducatif magistral ouvrant sur le monde, à un rythme peut être dépassé mais nécessaire pour une parfaite assimilation et une découverte paisible des concepts nécessaires à la formation de l’esprit, ou bien de changer carrément de méthode en privilégiant l’apprentissage personnel et personnalisé, qui pourrait avoir le mérite d’offrir une formation sans égale tout a u long de la vie.

 

Accessoirement, je me suis toujours ennuyé en philosophie (malgré l’intérêt des cours magistraux de mon premier professeur de terminale, que je salue au passage) mais j’en ai retiré un intérêt passionné pour certaines formes d’esprits et de matières ….plutôt scientifiques…..et en faculté de droit, ou les cours magistraux étaient souvent d’un ennui captivant (sauf l’un sur les relations internationales offert aux étudiant de première année en Martinique dans les années 1980 par un professeur de Trinidad qui savait captiver son auditoire ) et desquels j’ai sans doute réussi à retirer une impression générale ou une tournure d’esprit….sans doute….mais dont je n’ai rien retenu.

En revanche Descartes, Platon Freud, Kant ont empoisonné mon cursus, mais il m’en reste quelques notions, peut être bien pâles, mais persistantes tout de même.

Il n’est pas certain ne définitive que la structure de la formation soit si importante, mais bien la personnalité du formateur (ce qui est vrai pour un cours magistral ou un cours de technologie…)

 

Publicités