Archive for mai 2011

Un weekend ordinaire

dimanche 29 mai 2011 148

La vie ordinaire de petites gens. Arrivée du weekend. Vu le temps, barbecues et sports. Enfin, soleil et sorties.

Un évènement va bouleverser  ces prévisions.

C’est l’histoire d’un homme, jeune et travailleur.

Un homme qui n’a pas de chance. Un homme courageux pourtant.

Mais sa vie est devenue compliquée depuis une séparation. Ce qui le fait tenir ? Son petit garçon. Sauf que son petit garçon vit avec sa maman.

Il travaille toute la semaine, en intérim, pour tenter de reprendre les rênes d’une vie normale. Un travail manuel, aux horaires élastiques. Il est fatigué, se nourrit mal, dort mal.

Ce qui le fait tenir ? Son petit garçon, et le weekend tous les 15 jours, ou il partage quelques heures avec lui. Son seul moteur dans la vie. Un papa méritant.

Il n’est pas question ici de savoir pourquoi un divorce. Ce qui est fait est fait. Pas question de chercher les responsabilités.

Son ex épouse accepte sans soucis ces weekend de garde partagée,  et ne lui met pas de bâtons dans les roues.

Elle sait que son petit garçon, qu’elle aime tendrement, a besoin de voir son père.

Et que lui aussi attend avec impatience ses retrouvailles.

Mais ce weekend a failli tourner court.

Son salaire de la semaine ne lui est pas parvenu. L’agence d’intérim a du faire une erreur.

Et il n’a pas d’argent pour faire manger son fils.

Il est 18 heures….Tout va fermer.

Son ex est claire : je ne te le laisse pas si tu ne peux pas subvenir  à ses besoins.

Il stresse à mort. Et se démène pour trouver une solution.

La seule qui lui reste : ses parents. Mais le temps de leur expliquer, de les convaincre…

Dans la voiture qui l’amène, son petit garçon le regarde, un gros chagrin dans les yeux.

Lui aussi a une boule dans la gorge, ferme les yeux, et se concentre sur son téléphone.

Il fait un petit geste de victoire à son fils, explique à son ex, et s’en va en courant.

Heureusement , il y a un bureau de poste pas loin. Il s’y précipite. Remplit un imprimé.

Se présentant au guichet, il espère que rien ne va perturber l’arrivée rapide de l’argent demandé à ses parents.

Non, il est en possession de l’argent. Tellement soulagé, les larmes aux yeux, il narre au guichetier en face de lui cette histoire. Et la joie de son petit garçon quand il va le voir revenir. Et le cadeau qu’il a prévu : la rencontre d’un champion du sport que son fils adore.

Il a encore une grosse boule qui monte et qui enfle. Qui a besoin de se libérer, il sèche ses yeux d’un revers de main. Il n’en peut plus. Ces moments avec son petit garçon, c’est tout ce qui lui reste.

Le guichetier, compatissant, n’en mène pas large non plus.

De voir ce papa pleurer, ça lui noue les tripes.

Heureux de le voir soulagé, mais en même temps triste.

Des histoires comme celle ci, il en aurait des dizaines à raconter.

Comme ses salariés en intérim avec des contrats de quelques heures obligés de demander à leurs parents de l’argent pour payer l’essence pour aller travailler…

Des parents pour qui le seul lien avec leur enfant est un courrier hebdomadaire, ou le téléphone, obligés de prendre un travail dans une autre région.

Des salariés qui dorment dans leur voiture, faute de toit.

Des enfants qui continuent leur nuit dans la voiture parce que lesparents commence leur travail avant l’heure de l’école.

ETC..

Tout le weekend, ce papa et son petit garçon n’ont pas quitté ses pensées.

Nous vivons une époque formidable. Les progrès humais n’ont jamais été aussi extraordinaires et constants. L’humanité est en plein essor, mais dans le même temps est en train de courir à sa perte. Pour de multiples raisons.

Et en particulier, parce que l’humain est oublié, notre humanité fout le camp.

Et c’est triste.

A propos, le guichetier, c’était moi.

J’espère juste que le petit garçon est maintenant plein de bonheur; d’avoir vu son papa, et son champion.

Je l’espère ne tout cas.

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SOMMES-NOUS PRÊTS À LA RECONSTRUCTION DU MONDE ?

lundi 23 mai 2011 142

Nous relayons ici un article lu dans la revue OWNI qui nous parait très alarmiste mais fortement réaliste.

SOMMES-NOUS PRÊTS À LA RECONSTRUCTION DU MONDE ?

 

Article publié initialement sur Framablog, avec pour titre initial : “ Nous sommes prêts à participer nous aussi à la reconstruction du monde”

 

 

 

La bataille de la connaissance et du savoir va être perdue.

samedi 21 mai 2011 140

« Pourquoi vaut-il mieux embaucher des designers plutôt que des ingénieurs pour innover ? Différences dans ces domaines entre les USA et la France ? Les Américians OSENT, les Français commencent par PHILOSOPHER (avant de commencer à tremper le petit orteil dans l’eau du bain)… Et si les pionniers de la chose n’ont pas beaucoup d’argent aux USA, ils font quand même… »

 

 

Si nous continuons à ne rien faire, la France est finie.

Désolé de le dire si crûment mais c’est la vérité.

Ce ne sont pas les centres de recherches qui profiteront peut être d ugrand emprunt qui pourront arrêter le processus.

La partie technologique, c’est terminé. Ou du moins, plus exactement reste l’aéronautique et la fabrication de l’énergie nucléaire.

Tout le reste est caduc. L’agriculture va mal….la sidérurgie, le charbon…..l’automobile vivent leurs dernières heures.

Nous sommes capables de faire aussi bien qu’ailleurs, et certainement mieux.

Mais notre outil de production a été largement délocalisé pour obtenir de meilleurs bénéfices, et de meilleurs dividendes offerts aux actionnaires.

(bien que un léger remous réactive les anciens processus, et que le savoir faire français retrouve des couleurs; on assiste, et c’est un comble à une relocalisation ! Mais pour quelques belles réalisations brillantes en pièces rapportées, combien de déserts industriels ?)

Et cette dernière annonce rapportée par l’ancien sénateur Trégouët en est la prémice : l’accès instantané à l’information c’est pour 2015. Au  pire !

http://www.rtflash.fr/l-electronique-et-photonique-convergent-pour-atteindre-l-acces-instantane-l-information/article

 

(l’information, un combat que nous sommes en train de perdre d’ailleurs : il suffit de voir le traitement de l’ancien directeur du FMI dans la presse française : un désastre que nos journalistes du siècle dernier subiraient avec consternation. Tout n’est prétexte qu’à faire de l’audience. Aucune analyse sérieuse, de la politique et de l’information spectacle pour l’audimat).

Le Cnrs ou les universités ne peuvent plus se battre à ce niveau. Nous n’en avons ni les moyens, ni les ambitions, ni les outils.

 

Je l’ai déjà affirmé, mais j’en suis encore plus convaincu aujourd’hui : nous avons des possibilités en France. Nous pouvons nous en sortir.

A condition de le vouloir; et à condition de le faire vite.

Car pendant ce temps, les géants Google, Microsoft, et Facebook se paient la part du lion.

Ce ne sont pas les timides exceptions culturelles de bibliothèques en ligne française ou européennes qui nous démarqueront suffisamment.

L’une des possibilités c’est le tourisme. A condition de le vouloir et de se donner les moyens.

Combien de nos 36000 communes équipées pour recevoir les foules de touristes qui piaffent devant nos frontières?

Combien de salariés qui pourraient travailler dans le secteur touristique si les moyens étaient prévus ?

Combien de nos stations thermales ont fait l’effort de proposer autre chose que la simple cure de remise en forme alors qu’elles auraient pu le faire ?

L’autre possibilité, et c’est la source réelle de profit c’est la connaissance, l’information.

Nous sommes doués dans ce domaine. Nous avons eu les meilleurs écrivains du monde, nous en aurons d’autres.

Nous avons eu les meilleurs savants au monde, nous en aurons peut être d’autres.

Nous avons eu les meilleurs historiens et géographes, économistes et sociologues qui ont élaboré de complexes théories qui ont irradié le monde.

Nous avons la matière grise, ou nous l’avions.

Elle est en train de disparaître, en même temps que la déliquescence d’un extraordinaire outil de progrès social et de découvreur de talents : l’éducation. Education ou système éducatif que beaucoup de pays nous enviaient.

Cette économie du savoir, c’est notre espoir. En tout cas un escabeau qui pourrait nous permettre de reprendre pied dans la course économique mondiale, avant de redevenir le leader du monde que nous fumes.

Nous avons les ressources, les idées, les hommes et les femmes. Allons nous laisser vraiment passer ces occasions, et, au lieu de former dans les prochaines années une armée de connaisseurs propres à utiliser nos richesses virtuelles pour les rendre rentables, perdre pied et devenir un Etat fantôme, pour ne pas dire fantoche, dominé par Google ou au mieux la  Chine ?

Nous pouvons le refuser, au delà des clivages politiques et de société.

A condition de vouloir, simplement.

 

Et se donner les moyens : http://www.rtflash.fr/connectivite-influence-fortement-developpement-global-d-ville/article (mais c’est une autre question; pourtant que de possibilités économiques se nichent dans le haut débit).

 

Pour aller plus loin : http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=1425

Pourquoi notre pays s’appauvrit ?

jeudi 19 mai 2011 138

C’est une bonne question (je me félicite moi même de l’avoir posé !).

 

Ca me trotte dans la tête depuis un moment. Pourquoi, alors que la production de richesses n’a jamais été aussi forte, le pays s’appauvrit d’autant ?

Pourquoi la misère est en train de s’installer, pour de bon ?

Pourquoi les profits et la richesse s’envolent, quand les gens dorment dnas la rue et mangent aux resto du coeur?

 

Des éléments de réponse ici :

 

http://owni.fr/2011/05/18/comment-le-systeme-monetaire-profite-aux-banques/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Owni+%28Owni%29

C’est bien l’Etat le grand responsable.

 

Tous les gains de productivité obtenus à grands renfort de mécanisation à outrance, et maintenant de robotivité n’ont pas profité aux salariés, ou au petit peuple, mais bien aux actionnaires, et à l’Etat.

Jusqu’où cette spirale infernale peut aller ?

Quand cela va t’il cesser ?

 

A quand une répartition équitable des richesses ? Une répartition juste, afin que chacun puisse vivre correctement ?